La meilleure cuisine du monde

Huit pays sur la table. Un seul peut finir en tête.

Italie
Japon
Mexique
Inde
France
Chine
Corée
Turquie

Tout neuf

Les arguments de chaque camp

🇮🇹 Italie

Peu d’ingrédients, beaucoup d’exigence, et une influence mondiale sans équivalent.

🇯🇵 Japon

La précision érigée en cuisine, du sushi au ramen de quartier.

🇲🇽 Mexique

Maïs, piment et fumée : une cuisine populaire inscrite au patrimoine de l’UNESCO.

🇮🇳 Inde

Des dizaines de cuisines régionales sous un seul nom, et la maîtrise des épices la plus ancienne.

🇫🇷 France

La grammaire de la cuisine occidentale — sauces, techniques, vocabulaire.

🇨🇳 Chine

Huit grandes traditions culinaires et deux mille ans d’avance sur presque tout le monde.

🇰🇷 Corée

Fermentation, barbecue et banchan : la cuisine qui a conquis le monde le plus vite.

🇹🇷 Turquie

Au carrefour de l’Europe et de l’Asie, l’héritage d’une cuisine impériale.

Ce que disent les chiffres

Le compteur est à zéro. Rien n’est joué, rien n’est même commencé : c’est le meilleur moment pour peser.

Un classement que personne ne peut gagner honnêtement

Autant le dire d’emblée : il n’existe aucune méthode objective pour élire la meilleure cuisine du monde, et ce classement n’en propose pas. Ce qu’il mesure est parfaitement identifiable — une combinaison d’attachement national, de diffusion internationale et de mobilisation. Ce n’est pas un défaut du vote, c’est son sujet.

Ce que dit le seul arbitre à peu près neutre

Il existe une instance qui a examiné plusieurs de ces cuisines avec une méthode : l’UNESCO, à travers sa liste du patrimoine culturel immatériel. Y figurent notamment la cuisine traditionnelle mexicaine et le repas gastronomique des Français, tous deux inscrits en 2010, le washoku japonais en 2013, le kimjang coréen la même année, le régime méditerranéen — que se partagent plusieurs pays dont l’Italie — ou encore l’art du pizzaiolo napolitain en 2017.

Ces inscriptions ne classent rien : elles reconnaissent des pratiques sociales, pas une supériorité gustative. Mais elles rappellent utilement que la plupart des candidats en présence ne sont pas de simples répertoires de recettes — ce sont des systèmes qui organisent des repas, des saisons et des rapports entre convives.

Trois biais qui vont peser sur ce score

La diaspora. Une cuisine portée par une émigration ancienne et nombreuse dispose de défenseurs partout, pas seulement dans son pays d’origine. C’est un avantage considérable dans un vote mondial, et il ne dit rien de la qualité.

Le fuseau horaire. Un vote international se joue en partie sur les heures d’activité : les pays d’Asie de l’Est votent quand l’Europe dort, et inversement. Sur un classement serré, la courbe horaire compte autant que la conviction.

La familiarité. On vote plus volontiers pour ce qu’on connaît. Des cuisines immenses mais peu exportées partent avec un handicap qui n’a rien à voir avec leur richesse — c’est notamment le cas de la cuisine chinoise, souvent jugée à l’étranger sur une poignée de plats qui ne représentent qu’une fraction infime de ses traditions régionales.

Le vrai intérêt de ce match

Il est dans la comparaison entre les espaces. Quand assez de voix auront été exprimées, l’écart entre le classement mondial et celui observé depuis un pays donné dira quelque chose de rare : à quel point chaque pays vote pour lui-même. Une nation qui se place première chez elle mais quatrième ailleurs a un patriotisme culinaire mesurable — et c’est probablement l’information la plus honnête qu’un tel classement puisse produire.

Sources : listes représentatives du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, UNESCO (inscriptions de 2010, 2013 et 2017 citées ci-dessus).